Pour ou contre le train ?


Le témoignage d'un voyageur en 1843

     En 1843, Frédéric Ozanam, un écrivain parisien, écrit à sa femme à l’issue de son premier voyage en train de Paris à Rouen. Il la rassure : 

Frédéric Ozanam
Frédéric Ozanam (1813-1853) par Jean-Louis Janmot


    « la Sainte Vierge sous les auspices de qui nous nous sommes dits adieu, s’est chargée de nous garder l’un et l’autre. Aucun malheur n’est venu troubler notre course. Seulement on ne peut rien imaginer de plus bizarre que les procédés par lesquels on arrive à placer une diligence sur des rails, et je ne réussirai pas à te l’expliquer autrement que de vive-voix. Il n’y a rien aussi de plus sauvage, de plus digne d’un siècle de barbarie, que ces chemins de fer qui ne respectent aucune des choses les plus belles, ni vallées, ni montagnes, ni rivières, qui comblent tout, percent tout, et qui s’en vont toujours droits, toujours noirs en sorte que ce beau pays de Rouen à Paris devient le plus monotone et le plus grisâtre du monde… » (cité dans J.-P. ADAM, « Aux origines du chemin de fer Paris-Rouen : le rôle de la commission des travaux publics en 1839 », Etudes Normandes, 3e trimestre 1976, p.11).

    Et les ruraux, que pensent-ils de l’arrivée du chemin de fer sur leur commune ? Nous avons très peu de témoignages pour le savoir. Dans les parties suivantes, il ne s’agit que d’avancer des conclusions partielles et de suggérer des pistes de recherche.

Hostilité ou indifférence dans les premières années ?