Pour ou contre le train ?
Le témoignage d'un voyageur en 1843
En 1843, Frédéric Ozanam, un écrivain parisien, écrit à sa femme à l’issue de son premier voyage en train de Paris à Rouen. Il la rassure :

«
la Sainte Vierge sous les auspices de qui nous nous sommes dits adieu,
s’est chargée de nous garder l’un et l’autre. Aucun malheur n’est venu
troubler notre course. Seulement on ne peut rien imaginer de plus
bizarre que les procédés par lesquels on arrive à placer une diligence
sur des rails, et je ne réussirai pas à te l’expliquer autrement que de
vive-voix. Il n’y a rien aussi de plus sauvage, de plus digne d’un
siècle de barbarie, que ces chemins de fer qui ne respectent aucune des
choses les plus belles, ni vallées, ni montagnes, ni rivières, qui
comblent tout, percent tout, et qui s’en vont toujours droits, toujours
noirs en sorte que ce beau pays de Rouen à Paris devient le plus
monotone et le plus grisâtre du monde… » (cité dans J.-P.
ADAM, « Aux origines du chemin de fer Paris-Rouen : le rôle de la
commission des travaux publics en 1839 », Etudes Normandes,
3e trimestre 1976, p.11).
Et les ruraux, que pensent-ils de l’arrivée du chemin de fer sur leur
commune ? Nous avons très peu de témoignages pour le savoir. Dans les
parties suivantes, il ne s’agit que d’avancer des conclusions
partielles et de suggérer des pistes de recherche.
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