Les chantiers
La pose de la voie ferrée
Une fois le tracé bien délimité, les terrassiers creusent à
la
pelle et à la pioche le site où sera implantée la plate-forme de la
voie. La terre est chargée dans des wagonnets de forme évasée pour
l’évacuation. Ces derniers, tirés par des chevaux ou par un petite
locomotive, circulent en fait sur une voie légère (0,4 ou 0,6 m de
large), installée sommairement et provisoirement à même le sol,
parallèlement à la voie en construction. Le chantier de la ligne
Rouen-Dieppe nécessite 450 chevaux pour effectuer ce travail. Les
déblais ne sont pas perdus puisqu'on les utilisent pour combler les
vals et autres dépressions placés sur le parcours du train.
Ensuite, les ouvriers procèdent à la pose de la voie. Les traverses de
chêne sont apportées au plus près du chantier par l’intermédiaire d’un
train de travaux circulant sur la portion de la voie déjà construite.
Les hommes portent sur leur épaule les planches de bois jusqu’au lieu
précis de la pose. Sur la ligne Rouen-Amiens, on employa 265 000
traverses. Le bois venait des forêts proches du
chantier. Celle de Brotonne fournit par exemple le chantier de la ligne
Rouen-Le Havre. Les traverses maintiennent l’écart entre les rails, un
écart de l’ordre d’1,44 m selon la norme internationale. Cependant, les
lignes d’intérêt local dérogent encore une fois à la règle. Leur
écartement varie entre 0,60 (dans le Calvados), 1 m et 1,44 m (sur la
ligne Montérolier-Saint-Saëns). Dans les deux premiers cas, des
problèmes se posent évidemment lors des transferts entre réseaux.

Les rails, d’abord
en fer puis en acier, se transportent jusqu’au chantier par des
charrettes tirées par des chevaux. Les ouvriers les fixent sur les
traverses avec des tire-fond, c’est-à-dire de grosses vis. Dernière
étape, la pose du ballast (aujourd’hui du granit, du porphyre ou
basalte ; autrefois du sable, des graviers ou des cailloux roulés). Ces
pierres concassées, sur lesquelles repose la voie, lui assurent une
base solide qui ne peut se réduire en boue si le sol est terreux. Elles
permettent de transmettre à la plate-forme les efforts supportés par la
voie en les répartissant aussi uniformément que possible et sur une
plus grande surface. L’extraction du ballast s’effectue au plus proche
du chantier, parfois sur le côté même de la voie en construction, dans
des carrières appelées ballastières. Le caillou et le gravier des fonds
de vallée sont particulièrement appréciés. En témoignent les nombreux
plans d’eau, à proximité des rivières, rappelant la présence de
ballastières aujourd’hui abandonnées. Le ballast installé, reste à
ajouter des clôtures et des haies sur les côtés de la voie de manière à
empêcher les animaux de divaguer sur la ligne.
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