Les chantiers
OUVRAGES D'art : tunnels et viaducs
En théorie, un pont enjambe un cours d’eau tandis que le viaduc se situe au-dessus d’une simple dépression. Mais le langage courant tend à confondre les deux termes.
Les ouvrages d'art sont assez nombreux mais le relief modéré de la Normandie n'a pas justifié la réalisation de constructions spectaculaires. Un ponceau ou des buses suffisent souvent à franchir un ruisseau. Une tranchée profonde permet d’éviter un tunnel. Les ingénieurs ne se trouvent pas en face des mêmes problèmes que les chemins de fer de Corse, du Massif Central ou de Bretagne.

Un pont ou un viaduc
s’impose quand une vallée doit être traversée en large et que le tracé
ne permet pas de variante. Nous n’avons pas de longs viaducs normands
en dehors de celui de Mirville (524 m) et celui de Barentin (476 m) sur
la ligne Rouen-Le Havre. L’ouvrage de Fermanville entre Cherbourg et
Barfleur impressionne par sa hauteur (32 m) mais reste très modeste
face à un monument tel le Garabit, long de 525 m et perché à 123 m
au-dessus de la vallée. Les bombardements de 1944 ont détruit nombre de
ponts. Sur la voie pionnière Paris-Rouen, les arches étaient à
l’origine en bois montées sur des piles de pierres. Devant leur dangr
dangerosité, on préféra les reconstruire en métal à la fin du XIXe
siècle. Les viaducs en pierre ou en brique ont eu un beau succès car
ils résistent bien au temps à condition d’employer de bons matériaux.
Le seul danger réside dans le tassement possible des fondations,
provoquant la dislocation des culées. L’utilisation de la brique
impliqua l’ouverture de carrière de terre limoneuse-argileuse aux
abords du pont ou du souterrain. Les fours à briques s’installèrent
juste à côté. Ces lieux de production improvisés témoignèrent d’une
intense activité quand on sait que le tunnel de Sommery entre Rouen et
Amiens requit 24 millions de briques. Au début du XXe
siècle,
apparurent les premiers ponts en ciment armé.
Le tunnel est creusé à partir du moment où le percement d’une tranchée
nécessite un trop grand déblaiement ou quand le tracé doit passer en
milieu urbain dense. En Normandie, le plus grand de ces souterrains, le
tunnel de la Motte (entre Mézidon-Canon et Lisieux) mesure 2561 m.
Celui de Pissy-Poville qui fait la jonction entre Malaunay et le
plateau cauchois a 2205 m de long. Tous deux figurent parmi les 25 plus
longs tunnels ferroviaires de France. Pour comparaison, dans les Alpes,
le tunnel du Mont Cenis atteint 13 656 m et le tunnel du Simplon 20 km.
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