Pour ou contre le train ?
L'opposition des transporteurs à cheval
Le succès du chemin de fer marque la Belle Epoque. Cependant,
l’approbation n’est jamais générale. Quelles sont les voix s’élevant
contre le train ? Que lui reproche-t-on ?
Les enquêtes d’utilité publique nous renseignent. Parmi les opposants,
il y a tous ceux dont le chemin de fer ruine le commerce. Ce sont par
exemple les rouliers, c’est-à-dire tous les transporteurs de
marchandises sur route. Ils ne peuvent pas rivaliser avec le faible
coût et la rapidité du train. Si dans les premiers
temps
les rouliers jouent les auxiliaires du transport sur rail, la
progressive densification du maillage ferroviaire finit par réduire
leur activité. A leur tour, les relais de poste, les hôtelleries, les
auberges, placées sur les grands routes, perdent leur clientèle. Pour
les mêmes raisons que les rouliers, les bateliers n'apprécient pas non
plus l’arrivée des locomotives à vapeur. La création de la ligne
Paris-Rouen marque ainsi le déclin des nombreux petits ports qui
jalonnent le cours de la Seine.

L’élevage des chevaux a-t-il pâti aussi ? L’enquête sur le tramway de
Saint-Romain-de-Colbosc (Seine-Maritime) signale qu’un habitant
d’Epouville regrette que la compagnie n’ait pas choisi la traction
hippomobile ! Cette solution aurait, selon lui, relancé la production
de fourrages et l’élevage équin dans la région. Cependant, globalement,
le chemin de fer est loin d’avoir supplanté le cheval. L’animal reste
l’outil indispensable dans les fermes pour le labour et le transport à
courte distance.
Enfin, dans les villages, le
train est
accusé de vider la campagne de sa population. Le voyage rendu plus
facile, les jeunes villageois seraient davantage tentés de quitter leur
vie monotone pour les attraits de la vie citadine.
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