Pour ou contre le train ?


L'opposition des transporteurs à cheval

    Le succès du chemin de fer marque la Belle Epoque. Cependant, l’approbation n’est jamais générale. Quelles sont les voix s’élevant contre le train ? Que lui reproche-t-on ?

    Les enquêtes d’utilité publique nous renseignent. Parmi les opposants, il y a tous ceux dont le chemin de fer ruine le commerce. Ce sont par exemple les rouliers, c’est-à-dire tous les transporteurs de marchandises sur route. Ils ne peuvent pas rivaliser avec le faible coût et la rapidité du train.  Si dans les premiers temps  les rouliers jouent les auxiliaires du transport sur rail, la progressive densification du maillage ferroviaire finit par réduire leur activité. A leur tour, les relais de poste, les hôtelleries, les auberges, placées sur les grands routes, perdent leur clientèle. Pour les mêmes raisons que les rouliers, les bateliers n'apprécient pas non plus l’arrivée des locomotives à vapeur. La création de la ligne Paris-Rouen marque ainsi le déclin des nombreux petits ports qui jalonnent le cours de la Seine.

La malle-poste
Une malle poste en 1842. Elle assurait le service des dépêches et prenait quelques voyageurs


    L’élevage des chevaux a-t-il pâti aussi ? L’enquête sur le tramway de Saint-Romain-de-Colbosc (Seine-Maritime) signale qu’un habitant d’Epouville regrette que la compagnie n’ait pas choisi la traction hippomobile ! Cette solution aurait, selon lui, relancé la production de fourrages et l’élevage équin dans la région. Cependant, globalement, le chemin de fer est loin d’avoir supplanté le cheval. L’animal reste l’outil indispensable dans les fermes pour le labour et le transport à courte distance.

Enfin, dans les villages, le train est accusé de vider la campagne de sa population. Le voyage rendu plus facile, les jeunes villageois seraient davantage tentés de quitter leur vie monotone pour les attraits de la vie citadine.

La guerre des noms de gareDes mécontents et des grincheux