Les chantiers
La main-d'oeuvre Britannique
La construction de la ligne Paris-Rouen (1841-1843) est un cas particulier : devant le manque de main-d’œuvre qualifiée pour le creusement des tunnels, on fit appel aux Anglais, plus avancés que nous dans l’aventure ferroviaire. D’ailleurs, l’Etat avait confié la concession à une compagnie largement constituée de nos voisins d’outre-Manche. Les entrepreneurs, MACKENSIE et BRASSEYS, étaient aussi sujets de la couronne d’Angleterre. Vers 1840, les ouvriers manquaient, même pour les simples terrassements. Des Belges, des Piémontais, des Irlandais complétèrent donc les effectifs franco-anglais.

Devant le grand
nombre de Britanniques, on organisa un culte anglican dans quelques
localités du parcours de la future ligne : à Mantes, à Bonnières, à
Vernon et dans les villages de Tourville-la-Rivière et du Manoir. Ces
travailleurs, logés et nourris, bien payés, suscitèrent la jalousie des
Normands. D’après l'historien des chemins de fer, A. CONTE, des
incidents se produisirent entre la
population locale et les milliers d’Anglais, « lesquels, aussi robustes
que querelleurs et grands buveurs, se comportent comme des conquérants
». On
les retrouva sur le chantier du Dieppe-Rouen (1847-1848) et du
Paris-Cherbourg (années 1850). Il n’y a donc rien d’étonnant à voir
aujourd’hui sur quelques lignes ferroviaires normandes les trains
roulés à gauche ! C’est une trace du passage des ouvriers et des
ingénieurs anglais au temps des premiers chemins de fer de Normandie.
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