Les chantiers
La main-d'oeuvre des chantiers
Qui étaient ces hommes travaillant à construire le chemin de fer ? Ils avaient quitté leur village pour découvrir du pays et participer au triomphe de la vapeur. Certains avaient fait plus de 50 km pour trouver embauche sur un chantier. Ils étaient ouvriers agricoles, forgerons, maçons, charpentiers, mais la plupart se retrouvèrent engagés comme terrassiers car c'étaient d'eux que les ingénieurs et les chefs de chantier avaient surtout besoin. Les grandes lignes nécessitèrent plusieurs milliers d’hommes. Le record appartient à la première ligne normande, Paris-Rouen : 10 000 ouvriers y auraient participé. En conséquence, la première ligne normande fut inaugurée en 1843 au terme de seulement deux ans et demi de chantier. Quant à la ligne Rouen-Dieppe, elle nécessita 2 800 ouvriers.

En revanche, les
petites voies ferrées d'intérêt local ne réclamaient en général qu'une
centaine de pairs de bras. Les communes voisines du chantier se
chargeaient d'accueillir et de nourrir tous ces travailleurs. Soit ils
étaient installés chez l'habitant, soit ils logeaient dans des camps
constitués de baraquements provisoires. Au sein de cette communauté
uniquement masculine, la vie ne devait pas être triste. Les villages en
recevaient une animation supplémentaire qui n'était pas toujours la
bienvenue tant la population des chantiers se signalaient régulièrement
par son chahut et ses larcins. Elle repartait plus loin dès
l’achèvement du travail dans le secteur. Alors les villageois
retrouvaient la paix, notamment la nuit.
Le chantier de la voie ferrée Rouen-Amiens dura six ans (1862-1867), ce
qui est assez long. La voie traversait l'ondulant pays de Bray si bien
que les ouvriers durent multiplier tranchées et remblais (sur 1/3 des
90-100 km du parcours). Ils créèrent en outre une quarantaine de ponts,
un viaduc de 250m de long et deux tunnels d’une longueur totale de
2500m.
Les travaux ferroviaires causèrent quelques blessés et morts. Des accidents ponctuaient la rubrique des faits divers dans les journaux. Le déraillement d’un train de travaux, l’explosion de la chaudière ou d’une mine, l’éboulement d’un remblai provoquaient régulièrement le décès d’ouvriers. Leur nombre resta toutefois minime.
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