Les chantiers
Les ingénieurs au travail : le tracé
Avant d’engager les travaux, il faut mener les expropriations de terrains. Dans l’ensemble, elles se réalisent à l’amiable mais les ingénieurs ont toujours affaire à quelques irréductibles qui bloquent par leur intransigeance (et leur appétit financier) l’avancée du projet. Avec les chemins de fer sur route de la Belle Epoque, le problème disparaît car la route appartient au domaine public. Dans un souci de garantir une bonne vitesse au train, la voie emprunte au maximum les zones planes. On évite plus précisément les déclivités excédant 2 cm/m. A défaut, l’édification de remblais et le creusement de tranchées permettent de rendre le profil horizontal. Pour les lignes d’intérêt local, les ingénieurs se montrent plus tolérants. Selon le vœu des conseils généraux, elles doivent épouser le relief afin d’éviter les coûteux ouvrages d’art. Sur la ligne Cormeilles-Bernay, les rampes peuvent s’élever jusqu’à 4 cm/m au risque de voir le train se retrouver en détresse au milieu de la côte !

En plus des déclivités, l’ingénieur tient compte des courbes. On
imagine bien qu’un virage trop raide pris à haute vitesse conduirait la
locomotive hors des rails ! Par contre, le tracé des petites lignes
adopte plus de souplesse ; les rayons de courbe sont raccourcis. C’est
au prix d’un ralentissement du convoi que le déraillement ne se produit
pas.
![]() | La main d'oeuvre britannique | La pose de la voie ferrée | ![]() |

