Le réseau ferroviaire


L'extension freinée du réseau ferroviaire

     En premier lieu, la prolifération des lignes de chemin se heurte à l'opposition des grands compagnies. En Normandie, il s’agit principalement de la Compagnie de l’Ouest formée en 1855. C’est elle qui exploite le réseau ferroviaire du nord-ouest de la France jusqu’en 1865. Elle perd ensuite son monopole car de petites compagnies se forment pour la création de lignes d’intérêt local. Cette concurrence ne plait pas à la compagnie de l’Ouest qui, dès lors, s'évertue à ruiner les projets des autres compagnies. 

    La ligne Envermeu-Aumale, en Seine-Maritime, sert d’illustration. Ce projet porte préjudice à la ligne d’intérêt général de Dieppe à Gisors exploitée bien sûr par la grande compagnie car il jouera le rôle d’itinéraire bis. Il est exécuté finalement mais au terme de huit ans de démarche de la part du concessionnaire, la société générale des chemins de fer économiques. Sinon, pour contrecarrer les projets d’intérêt local, la Compagnie de l’Ouest trouve une stratégie efficace : obtenir la concession de ces petites lignes qu’elle ne désire pas. Ensuite, elle fait en sorte de retarder la construction. Obtenant la concession du tronçon Port-Jérôme-Pont-Audemer qui doit traverser la Seine, elle ne le réalise pas. Il faudra attendre en 1959 la création du Pont de Tancarville pour que le fleuve soit franchi par un ouvrage d'art en aval de Rouen.

L'autobus à Lillebonne
L'autobus, qui peut emmener une dizaine de personnes, attend devant l'hôtel de France à Lillebonne (Seine-Maritime). Il fait le parcours Le Havre-Pont-Audemer.


     A partir de 1905, un autre coup de frein est donné à la diffusion du chemin de fer à cause de l'apparition des autobus. Ce mode de transport, moins cher à établir, remporte progressivement des suffrages parmi les conseillers généraux. Désormais la question n’est plus de savoir par où doit passer la ligne ferroviaire projetée mais de choisir entre le train et le transport routier. C’est la loi du progrès. En 1906, la ligne de tramway Saint-Romain-de-Colbosc-Etretat ne voit pas le jour, concurrencée par l’idée d’un service d’autobus. Un peu plus tard, en 1913, la ligne Charleval-Serquigny (Eure) vient d’obtenir de l’État une déclaration d’utilité publique mais, au même moment, un bus est établi pour effectuer le même trajet. L’idée du chemin der fer est alors abandonné

Disputes autour des tracés